IVème lettre avant le XXXVème Congrès International des Pueri Cantores
Le Baptême est un don et un devoir !
La fête du Baptême de Jésus-Christ dans le Jourdain, Cracovie, le 11 janvier
Chers Pueri Cantores,
Le 9 janvier j’ai eu l’occasion d’entendre l’Oratorio de Noël de J.S. Bach, interprété par l’ensemble de la Philharmonie de Cracovie. Les paroles du choral de la dernière partie de cette œuvre admirable m’ont particulièrement impressionné ; vous connaissez sans doute ces paroles : Je me tiens près de ta crèche, ô petit Jésus, ma vie. Je viens, je t’apporte et je t’offre, ce que tu m’as donné. Prends-le : c’est mon esprit et mon âme. Mon cœur, mon esprit et mes sentiments, prends tout et trouves-y ta complaisance. Cette prière adressée à Jésus le jour de son Baptême prend un sens particulier. Le Baptême de Jésus dans le Jourdain rappelle notre propre baptême qui marque notre entrée dans la communauté de l’Eglise. Ce jous-là, nos parents nous ont apportés à cette source de la vie, l’eau qui fait renaître, qui lave et qui nous comble de grâces, en ouvrant la voie au salut : Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé (Mc 16,16). Et ce jour-là, nous offrons au Seigneur notre âme, notre esprit, notre cœur et nos sentiments. Le baptême est ainsi un don mais il est aussi notre devoir particulier. Nous recevons les dons de Dieu et à notre tour, nous Lui offrons les nôtres. Qu’est-ce que le baptême ? quelles sont les engagements qui en découlent ? qu’est-ce cela signifie aujourd’hui pour moi, membre de la communauté des Pueri Cantores ? En recevant ce Sacrement, nous sommes devenus enfants de Dieu, nous sommes choisis par Dieu. Depuis le moment de notre baptême, l’optique de la vie de chacun de nous a radicalement changé. Nous sommes devenus des élus, pour toujours, pour l’éternité ; c’est la nouvelle la plus joyeuse que nous ayons pu recevoir. En tant qu’enfants de Dieu, nous ne vivons plus dans l’esclavage du mal et du péché originel. Nous avons été admis dans la famille de l’Eglise, dans la famille de Dieu, en devenant membres de plein droit et habitants de la Maison de Dieu. Le baptême est le sacrement qui, à travers les signes extérieurs du versement de l’eau bénite, décrit une réalité invisible, si nécessaire à chacun et à chacune de nous. C’est le seul sacrement indispensable au salut. Les célébrations du dimanche du Baptême de Jésus-Christ nous invitent à réfléchir sur notre baptême et sur toutes les conséquences et les engagements qui en découlent. Si je suis baptisé, je dois vivre comme un enfant de la lumière libre du péché, se relevant constamment du péché, bâtissant le Royaume de Dieu en moi, en mes frères et sœurs. Dans le milieu dans lequel je vis et je travaille, je dois être le témoin du baptême au nom de Jésus. Je ne peux pas m’arrêter sur ce chemin de la lutte pour le bien en l’homme. Même si je suis entouré du mal, je dois éveiller l’espérance en moi et chez les autres. Le baptême est le sacrement de la grâce purificatrice de Dieu, le sacrement de la renaissance, du redressement et du passage du néant à la vie. Chrétien, tu as été baptisé ! tu es devenu enfant de Dieu ! vis dans cette lumière qui a resplendi dans ton cœur par Jésus-Christ ! Nous, les jeunes Pueri Cantores, nous sommes appelés à vivre dans la lumière. C’est le baptême qui indique la direction de notre vie. Nous devons vivre la plénitude de la grâce de Dieu mais il faut aussi y aider les autres. Nous ne pouvons pas déserter. Ayant reçu le baptême, nous sommes devenus proclamateurs de la Bonne Nouvelle. Si l’on a reçu un don de Dieu, on ne peut pas le garder pour soi, il faut absolument le partager avec toute la famille chrétienne et aussi avec ceux qui ne l’ont pas encore connu. Nous sommes envoyés par Jésus pour dire aux autres, par le témoignage de notre vie, que son enseignement a un sens profond dans la vie de chacun et de chacune de nous, dans la vie des hommes du monde entier. Le baptême est ce qui lie tous les chrétiens : les orthodoxes, les protestants et les catholiques. Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous (Ep 4,5-6). C’est aussi le fondement de notre unité, c’est le début de la recherche de la réconciliation et du dialogue œcuménique. Le baptême donne l’impulsion au dialogue, à la recherche d’une véritable unité dans l’acceptation et le respect mutuels. Le baptême validement conféré opère en réalité une incorporation effective au Christ et fait de tous les baptisés, quelle que soit leur confession, de véritables frères et sœurs dans le Seigneur. (...) Le baptême est donc le lien sacramentel d'unité existant entre ceux qui ont été régénérés par lui. (...) Il est donc destiné à la totale profession de foi, à la totale intégration dans l'économie du salut, telle que le Christ l'a voulue, et enfin à la totale insertion dans la communion eucharistique (Jean Paul II, audience générale, le 15 avril 1998). C’est pourquoi, lors de notre Congrès de Stockholm, nous prierons pour l’unité dans l’Eglise. Notre plus belle prière, ce sera la musique qui viendra de nos cœurs. Nous prierons en chantant, car celui qui chante, prie deux fois (St Augustin). Je vous demande aujourd’hui de ne pas oublier cette prière, prière pour devenir de plus en plus instruments de paix et d’unité ! disons-la souvent ! peut-être ceux qui doivent aller à Stockholm pourraient-ils dire cette prière de St François avant chaque répétition ? Et moi, je me joins à vous dans cette prière : Seigneur, fais de moi un instrument de Ta paix et de l’unité!
Père Robert Tyrała
Conseiller Ecclésiastique de la Fédération Internationale des Pueri Cantores